25 juillet 2012

La vieille femme grincheuse

Posted in activité d'animation, parole tagged à 1010 30 par yves clercq

Cela fait des années que ce poème circule dans les formations , dans les institutions et sur les forums internet. Selon, les commentaires, il a été retrouvé dans les affaires d’une vieille dame Irlandaise que l’on croyait « sénile », après sa mort.

Il peut être un très bon support lors d’un atelier « poésie ».

QUE VOIS TU TOI QUI ME SOIGNE ? QUE VOIS TU ?
QUAND TU ME REGARDES QUE PENSES TU ?

Une vieille dame grincheuse un peu folle
Le regard perdu qui n’y est plus tout à fait
Qui bave quand elle mange et ne répond jamais
Qui, quand tu dis d’une voix forte « essayez »
Semble ne prêter aucune attention à ce que tu fais
Et ne cesse de perdre ses chaussures et ses bas,
Qui docile ou non te laisse faire à sa guise ,
Le bain et les repas pour occuper la longue journée grise.
C’est ca que tu penses, c’est ca que tu vois ?
Alors ouvre les yeux, ce n’est pas moi

Je vais te dire qui je suis, assise là si tranquille
Me déplaçant à ton ordre , mangeant quand tu veux
Je suis la dernière de dix, avec un père et une mère
Des frères et des sœurs qui s’aiment entre eux .
Une jeune fille de quinze ans, des ailes aux pieds
Rêvant que bientôt, elle rencontrera un fiancé
Mariée déjà à 20 ans. Mon cœur bondit de joie
J’ai 25 ans maintenant et un enfant à moi
Qui a besoin de moi pour lui construire une maison
Une femme de trente ans, mon enfant grandit vite
Nous sommes liés l’un à l’autre par des liens qui dureront
Quarante ans , bientôt il ne sera plus là
Mais mon homme est à mes côtés qui veille sur moi
Cinquante ans, à nouveau jouent autour de moi des bébés
Me revoilà avec des enfants, moi et mon bien aimé
Voici les jours noirs, mon mari meurt
Je regarde vers le futur, en frémissant de peur
Car mes enfants sont tous occuper à élever les leurs
Et je pense aux années et à l’amour que j’ai connus

Je suis vieille maintenant, et la nature est cruelle
Qui s’amuse a faire passer la vieillesse pour folle
Mon corps s’en va, la grâce et la force m’abandonnent
Et il y a une pierre là où jadis j’eus un cœur
Mais dans cette vieille carcasse la jeune fille demeure
Dont le vieux cœur se gonfle sans relâche
Je me souviens des joies, je me souviens des peines
Et à nouveau je sens ma vie et j’aime
Je repense aux années trop courtes et trop vite passées

Et accepte cette réalité implacable que rien ne peut durer
Alors ouvre les yeux, toi qui me soigne et regarde
Non la vieille dame grincheuse…regarde mieux, tu me verras

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