21 décembre 2015

Réflexions autour de Noël

Posted in billet, vidéo à 1301 49 par yves clercq

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Noël est une période paradoxale : moment de joie, de partage, de retrouvailles familiales, mais aussi moment particulièrement douloureux pour les personnes seules, ceux qui ont vécu le décès d’un proche aimé ; période propice à l’esprit d’enfance, mais aussi à la nostalgie, voire la mélancolie.

Dans une société de consommation où tout est achat et possession, où l’émotion éphémère est confondue avec le bonheur, où la jouissance est recherchée pour elle-même, où les sensations fortes chassent la joie de l’instant présent et de la présence à l’autre, il existe un risque de passer à côté de l’essentiel.

Accaparés par le souci de bien accueillir, par les tâches matérielles qui l’accompagnent, nous pouvons parfois passer à côté de moments de joie et de simplicités qui nourrissent le cœur et qui parfois ne reviendront pas.

La joie de recevoir peu aussi parfois côtoyer la déception : à trop attendre de l’autre ou de la vie, nous pouvons parfois ne plus être en mesure d’accueillir l’inattendu, les événements qui sortent de nos scénarios préétablis et d’oublier de nous réjouir des cadeaux de la vie.

Nous risquons alors de nous comporter comme ces enfants gâtés, qui ont tant désirés de choses précises, qu’ils en ont perdu la joie de recevoir et de donner et passent à coté des autres, trop centrés sur eux même.

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Il peut ainsi nous arriver de passer à côté de ce que nous recherchons sans le savoir, pour en garder, au final, une certaine amertume: les présents reçus, les repas de fêtes, les lumières artificielles n’ayant pas comblés notre soif de profondeur, de relation vrai, d’amitié, qui pourtant ont besoin de ces lumières et de ces moments partagés pour émerger.

Pour d’autres, les soucis financiers, peuvent être source de frustrations importantes : « cette année, ma pension n’a pas augmenté et les impôts sont passés par là, j’ai été obligé de réduire le budget cadeau et j’en suis désolé »

Certains grands parents sont particulièrement déçus de ne pas pouvoir gâter leurs enfants et petits-enfants comme ils le voudraient, ils risquent d’oublier pourtant que ce n’est pas de leurs cadeaux dont les petits enfants ont le plus besoins mais de leur présence, de leur expérience, de leur capacité à prendre du recul sur la vie.

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Pour le professionnel chargé d’accompagner les personnes âgées dépendantes, les « joyeux Noël » de circonstance, face à une personne qui pleure encore son conjoint décédé, sa maison ou l’absence de ses enfants, peuvent parfois être teintés de malaise ou être maladroit .

Si Noël est une période propice à la nostalgie des anciens et peut éveiller chez certains des sentiments très douloureux, il ne faut pas pour autant considérer cela comme un problème. Cette remontée de souvenir, si elle se révèle parfois douloureuse, peut aussi être perçue par le professionnel comme une chance offerte par la vie : une chance pour être écoutée avec bienveillance, une chance pour être considérée et validée par une oreille attentive, entendue par un professionnel conscient de l’instant unique qui lui est offert ; cette expression pourra alors être le début d’un chemin d’apaisement durable.

Quand une souffrance refoulée remonte à la conscience et a la possibilité d’être partagée à un tiers, elle devient moins gênante, même si sur le moment elle peut sembler difficile à extraire.

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Il est donc particulièrement important d’ être attentifs aux solitudes et détresses morales qui émergent inévitablement dans cette période de fêtes afin que nos réponses parfois « rapides » n’étouffent pas les larmes des résidents.

En cette période de fête où chacun essaye d’égayer lavie de nos institutions, les tristesses et larmes exprimées peuvent être perçues comme un échec, il peut être alors tentant de vouloir les faire taire avec des paroles maladroites. S’il est important de créer un climat de joie au sein de la structure, il est tout aussi important de permettre aux personnes de ne pas pleurer tout seul, dans leur lit, quand personne ne les en empêchera.

Dans ces temps où la joie côtoie parfois la tristesse, les résidents ont particulièrement de présences et de regards. Comme le dit si bien Tim Guénard, « parfois la vie ne tient qu’à un joli regard. Un regard qui rappelle à la personne sa valeur. »

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Un regard de considération, est un véritable cadeau, avons nous conscience conscience du trésor que nous pouvons leur offrir?

Joyeux Noël à tous les lecteurs du blog.

 

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