21 décembre 2015

Réflexions autour de Noël

Posted in billet, vidéo à 1301 49 par yves clercq

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Noël est une période paradoxale : moment de joie, de partage, de retrouvailles familiales, mais aussi moment particulièrement douloureux pour les personnes seules, ceux qui ont vécu le décès d’un proche aimé ; période propice à l’esprit d’enfance, mais aussi à la nostalgie, voire la mélancolie.

Dans une société de consommation où tout est achat et possession, où l’émotion éphémère est confondue avec le bonheur, où la jouissance est recherchée pour elle-même, où les sensations fortes chassent la joie de l’instant présent et de la présence à l’autre, il existe un risque de passer à côté de l’essentiel.

Accaparés par le souci de bien accueillir, par les tâches matérielles qui l’accompagnent, nous pouvons parfois passer à côté de moments de joie et de simplicités qui nourrissent le cœur et qui parfois ne reviendront pas.

La joie de recevoir peu aussi parfois côtoyer la déception : à trop attendre de l’autre ou de la vie, nous pouvons parfois ne plus être en mesure d’accueillir l’inattendu, les événements qui sortent de nos scénarios préétablis et d’oublier de nous réjouir des cadeaux de la vie.

Nous risquons alors de nous comporter comme ces enfants gâtés, qui ont tant désirés de choses précises, qu’ils en ont perdu la joie de recevoir et de donner et passent à coté des autres, trop centrés sur eux même.

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Il peut ainsi nous arriver de passer à côté de ce que nous recherchons sans le savoir, pour en garder, au final, une certaine amertume: les présents reçus, les repas de fêtes, les lumières artificielles n’ayant pas comblés notre soif de profondeur, de relation vrai, d’amitié, qui pourtant ont besoin de ces lumières et de ces moments partagés pour émerger.

Pour d’autres, les soucis financiers, peuvent être source de frustrations importantes : « cette année, ma pension n’a pas augmenté et les impôts sont passés par là, j’ai été obligé de réduire le budget cadeau et j’en suis désolé »

Certains grands parents sont particulièrement déçus de ne pas pouvoir gâter leurs enfants et petits-enfants comme ils le voudraient, ils risquent d’oublier pourtant que ce n’est pas de leurs cadeaux dont les petits enfants ont le plus besoins mais de leur présence, de leur expérience, de leur capacité à prendre du recul sur la vie.

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Pour le professionnel chargé d’accompagner les personnes âgées dépendantes, les « joyeux Noël » de circonstance, face à une personne qui pleure encore son conjoint décédé, sa maison ou l’absence de ses enfants, peuvent parfois être teintés de malaise ou être maladroit .

Si Noël est une période propice à la nostalgie des anciens et peut éveiller chez certains des sentiments très douloureux, il ne faut pas pour autant considérer cela comme un problème. Cette remontée de souvenir, si elle se révèle parfois douloureuse, peut aussi être perçue par le professionnel comme une chance offerte par la vie : une chance pour être écoutée avec bienveillance, une chance pour être considérée et validée par une oreille attentive, entendue par un professionnel conscient de l’instant unique qui lui est offert ; cette expression pourra alors être le début d’un chemin d’apaisement durable.

Quand une souffrance refoulée remonte à la conscience et a la possibilité d’être partagée à un tiers, elle devient moins gênante, même si sur le moment elle peut sembler difficile à extraire.

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Il est donc particulièrement important d’ être attentifs aux solitudes et détresses morales qui émergent inévitablement dans cette période de fêtes afin que nos réponses parfois « rapides » n’étouffent pas les larmes des résidents.

En cette période de fête où chacun essaye d’égayer lavie de nos institutions, les tristesses et larmes exprimées peuvent être perçues comme un échec, il peut être alors tentant de vouloir les faire taire avec des paroles maladroites. S’il est important de créer un climat de joie au sein de la structure, il est tout aussi important de permettre aux personnes de ne pas pleurer tout seul, dans leur lit, quand personne ne les en empêchera.

Dans ces temps où la joie côtoie parfois la tristesse, les résidents ont particulièrement de présences et de regards. Comme le dit si bien Tim Guénard, « parfois la vie ne tient qu’à un joli regard. Un regard qui rappelle à la personne sa valeur. »

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Un regard de considération, est un véritable cadeau, avons nous conscience conscience du trésor que nous pouvons leur offrir?

Joyeux Noël à tous les lecteurs du blog.

 

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3 mars 2015

souvenirs, souvenirs….

Posted in billet tagged à 909 43 par yves clercq

Les souvenirs peuvent être réactivés, explorés, revisités.  Ci dessous une contribution au numéro 53 de février à la revue geroscopie.fr sur l’influence des souvenirs et les moments privilégiés de leur évocation.

On associe souvent vieillesse et souvenir et naturellement,  il est courant de proposer des animations centrées sur le passé, des construire des espaces évocateurs de mémoire, de centrer les discussions sur l’autrefois, quand la personne était censée être plus jeune. On crée des « jardins des senteurs » pour éveiller les souvenirs des résidents, on décore l’établissement avec des photos « du passé », on propose des chants d’autrefois, des expositions sur l’école autrefois, de la cuisine d’avant, des jeux du passé…

Si, l’intention est positive, il est toutefois nécessaire de s’interroger sur le sens et les conséquences possibles de cette référence  à « leur passé » : de quel passé parle-t-on ? Est-on certain que notre vision du passé corresponde à la manière dont ils l’ont vécu ? Quel sens y-a-t-il à centrer les personnes sur un passé qui n’existe plus, le risque étant alors d’enfermer les personnes dans nos présupposés,  de ne plus les voir comme des acteurs à part entière de leur vie, de les conforter dans l’idée qu’ils ne sont plus intéressant car dépassé ?

Pourtant , à y voir de plus près, leur époque ce n’est pas hier, mais bel et bien aujourd’hui Ouvrir le tiroir des souvenirs a sans nul doute un effet stimulant : tel une madeleine de Proust, la réminiscence revêt sans nul doute des aspects positifs indéniables. Mais attention à ne pas projeter sur la personne notre appétence à la nostalgie et à l’évocation du bon vieux temps !

Si l’évocation du passé peut avoir de réels effets positifs sur la personne, il existe un travers qui consiste à ne plus voir les personnes qu’au travers de ce  passé supposé et de ne plus être en mesure d’entendre ce qu’elle a à nous dire de son présent.  Si madame Dupont refuse la douche on risque alors de chercher l’explication dans ses habitudes de vie, alors que simplement elle ne trouve pas agréable de se faire doucher par quelqu’un.  Si mr Lambert stocke pain , fruit, chocolat, bonbons au fond de son tiroir, on risque d’évoquer à juste titre son traumatisme lié aux privations de la guerre et de l’après-guerre, et de ne pas entendre que son comportement reflète avant tout ses peurs présentes :  un sentiment d’insécurité, la hantise d’une dépendance qu’il traduit par la peur de manquer, le besoin de contrôler son univers direct et par le sentiment qu’il ne peut compter que sur lui-même.

Sans s’en rendre compte, nous risquons tout simplement de passer à côté de la personne, en oubliant que ce qu’elle dit, fait ou pense est avant tout une réalité de l’instant présent.

Certes nos anciens ont une mémoire et il est nécessaire de l’entretenir, certes ils sont une mémoire et nous relie à notre histoire et à un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, certes, on nous explique que vieillesse et mémoire ne font pas bon ménage, mais pourquoi donc s’acharner à vouloir forcer une personne à se rappeler un passé qui peut aussi la renvoyer à un présent parfois douloureux ? Pourquoi prendre le risque, au contraire,  d’éveiller des souvenirs douloureux dont l’émergence risque d’envahir le quotidien de la personne ? N’existe-t-il pas alors  un risque d’enfermer la personne dans une sorte de mélancolie qui, loin de l’aider à faire avec la vieillesse et la dépendance, rende plus difficile son investissement dans l’instant présent ?

Ceci étant, l’évocation des souvenirs représente  pourtant  un levier puissant pour la relation à l’autre, un passage  nécessaire dans le travail de deuil du domicile ou d’acceptation de soi. L’évocation du passé, lorsqu’elle est accompagnée peut vraiment aider les personnes à puiser en elles-mêmes l’énergie et les stratégies d’adaptation nécessaires afin d’investir l’instant présent et se projeter dans l’avenir, malgré des dépendances ou des perspectives pas toujours réjouissantes.

Ouvrir les tiroirs des souvenirs c’est aussi ouvrir le tiroir des souvenirs douloureux, de la mémoire refoulée, des traumatismes latents s dont l’évocation fait parfois aussi mal qu’au premier jour. En ce sens, ouvrir le tiroir des souvenirs douloureux, c’est aussi entrouvrir les portes de l’apaisement et de la  résilience. La vieillesse, est une période de la vie qui peut  permettre d’accéder à des dimensions nouvelles de soi, particulièrement à une forme potentielle d’apaisement ; cela nécessite de se confronter aux zones de turbulence de sa vie non cicatrisées, de les identifier, de les nommer, de les partager avec un interlocuteur capable de l’accueillir .

Si la vieillesse et l’entrée en institution peuvent malmener l’identité et l’image de soi elles représentent aussi une opportunité  pour accéder au lâcher-prise, à un nouveau regard sur soi et sur sa vie. Faire appel à la mémoire des personnes et solliciter leur expérience de la vie peut alors  être un formidable levier qui leur permette de renouer avec ce qu’elles sont, de faire la paix avec leur passé,  de se réinscrire dans une temporalité malmenée par la confrontation à la perspective de sa finitude.

Solliciter les souvenirs des personnes engage l’interlocuteur qui les sollicite et n’a de sens que si l’institution en fait quelque chose,  accepte les risques que cela peut induire,  permette  une vraie rencontre, qui aide la personne à mieux se resituer dans la relation avec elle-même et avec les autres.

18 avril 2014

humeur d’un vendredi

Posted in billet à 1301 05 par yves clercq

panoramix

Ces dernières années, les recettes et les méthodes miracles en matière de management ont souvent fait beaucoup plus de dégâts au sein des organisations, que le bien qu’elles étaient sensées apporter. On s’en doutait. Maintenant on le sait. Alors, depuis quelques temps, on ne change pas une formule qui gagne, fleurissent de nouvelles méthodes, de nouveaux concepts qui prônent le retour au bon sens.

Comme le bon sens n’est sans doute pas suffisamment vendeur, il est nécessaire de les emballer et de les vendre comme des concepts révolutionnaires. On inventera s’il le faut  de nouveaux mots, avec de jolis anglicismes si possibles dans la terminologie, ou alors on l’habillera de jolis mots qui remplissent bien la bouche et feront écho aux modes du moment.

Alors, bien évidemment, personne ne va s’attrister du retour du bon sens et de la bienveillance dans nos institutions, au contraire. Toutefois, la vigilance doit rester de mise, car la bêtise ayant horreur du vide, il ne faudrait pas remplacer les méthodes qui empêchaient de penser la complexité humaine par des recettes simplistes qui, sous prétexte de retour à la spontanéité et à la gentillesse dans les rapports humains, pourraient amener beaucoup de désillusions lorsque le réel finira par s’imposer.

Vous me direz « rien de neuf sous le soleil », la gérontologie aussi, depuis des années, s’est vue régulièrement assaillie et sollicitée par les marchands de recettes miracles qui nous expliquaient qu’en appliquant leur méthode et en y mettant le prix, les professionnels travailleraient enfin correctement et commenceraient à respecter nos ainés. Comme nous le disait une aide-soignante « avant la méthode, j’étais une mauvaise soignante, maintenant je suis une bonne professionnelle et il faut que les autres qui n’ont pas appris la méthode l’apprenne». Bien sûr, les maisons de retraite et les services de soins à domicile étaient jusque-là un domaine où sévissait des amateurs, plus soucieux de maltraiter les usagers que de faire leur travail correctement !!! Heureusement que nos gourous du marketing gérontologiques sont venus enfin prêcher la bonne parole. Car tout le monde le sait bien, la bientraitance, c’est juste une question de bien et de mal, avec des gentils et des méchants, ceux qui appliquent les bonnes règles, et les autres….

Si, souvent les méthodes sont intéressantes et proposent chacune individuellement des outils qui méritent d’être appropriées par les professionnels, leurs promoteurs ont parfois tendance à nous les présenter comme la découverte de la décennie alors qu’ils n’ont fait qu’inventer l’eau chaude, ce qui n’est pas si mal. A condition toutefois que les choses restent à leur place. Car si l’eau chaude, c’est quand même formidable et que c’est bien d’en mettre partout, on risque, au final, quand on découvrira que l’eau chaude n’est que de l’eau chaude, au mieux quelques désillusions, au pire de produire le contraire de ce que ces méthodes sont censées apporter ?

Il en est de même avec le concept de bonnes pratiques. Depuis de nombreuses années on incite les institutions à évaluer leurs pratiques. Elles doivent pour cela, et c’est tant mieux, prendre appui sur des recommandations. Recommandations, dont on nous a bien précisé par ailleurs, qu’elles ne pourraient jamais être considérées comme des normes de bonnes pratiques : les humains n’étant pas du bétails et les institutions n’étant pas des usines  dans lesquelles il suffirait d’appliquer un mode d’emploi, une procédure pour, avoir au bout de la chaîne, un joli produit finit estampillé « label de nos structures ».

Considérer qu’il y ait des pratiques à éviter et d’autres à encourager relève d’un principe de bon sens minimal qui ne peut être remis en question. Mais, on peut s’interroger quand une ministre nous explique doctement qu’au travers de l’évaluation externe, les institutions devront maintenant justifier de leur bon fonctionnement, de leur conformité aux normes de bonnes pratiques décidés par nos agences, pour pouvoir continuer à exercer et qu’une mauvaise évaluation externe pourra déboucher sur des inspections.

Les recommandations seraient donc devenues des normes à respecter sous peine de punitions ! On attendrait des structures qu’elles deviennent des applicateurs de recettes et de méthodes, au risque de contredire le principe même de la loi qui demande à ce que chaque institution individualise ses pratiques en fonction des publics et de leur besoin !

On nous l’avait pourtant assuré avec beaucoup d’énergie : l’évaluation serait avant tout un joli moment de progrès et de motivation collective, un temps permettant aux équipes de réfléchir sur leurs travail et d’améliorer leurs pratiques, et que jamais, oh Grands Dieux jamais, elle deviendrait une machine à condamner les structures.

Il est pourtant complètement illusoire de croire qu’il suffirait de veiller à l’application de normes de bonnes pratiques préalablement définies pour être dans la bientraitance ou dans une quelconque qualité. Si, effectivement, les recommandations de bonnes pratiques représentent des indicateurs de qualité intéressants, ils ne pourront jamais refléter la réalité de ce qui se joue dans la relation avec une personne.

Dans le secteur de l’entreprise, on commence à réaliser que les méthodes de management, d’organisation et de contrôle de la qualité en œuvre depuis 15 ans, ont en fait un coût humain et économique supérieur aux gains qu’elles étaient sensées leur apporter.

Faudra-t-il autant de temps dans notre secteur ?

31 octobre 2012

Toussaint

Posted in billet à 1010 02 par yves clercq

La période de la Toussaint est souvent une période difficile à vivre pour les personnes âgées. C’est l’époque où l’on se rappelle de ceux qui nous ont quitté, c’est l’époque où le chagrin et la nostalgie peut devenir très envahissante. Beaucoup de personnes âgées redoutent cette période, car la solitude est particulièrement difficile à vivre quand on se sent seul ou dans l’incapacité de pouvoir aller au cimetière honorer ses défunts.

L’ambivalence est souvent de mise: une résidente nous confiait ainsi que non seulement elle détestait cette période et qu’elle attendait toujours qu’elle passe vite, mais qu’en même temps elle serait malheureuse si elle ne pouvait pas aller au cimetière fleurir la tombe de ses parents et de son mari. Martine sa fille, nous avait confié qu’elle pensait qu’il ne fallait pas permettre à sa mère d’appeler un taxi pour aller jusqu’au cimetière, car ça allait la déprimer. Le risque pour l’aidant, serait de croire qu’effectivement, ne pas penser aux défunts serait mieux pour la santé mentale des personnes.

Lorsque j’allais visiter  ma grand-mère qui habitait loin de chez moi, elle me demandait de l’accompagner à la messe: au moment du « donne nous la paix » je la voyais fondre en larme. Au début je me suis inquiété, et elle m’expliqua qu’à ce moment là de la messe, l’absence de son mari et de ses parents lui était insupportable, et qu’elle ne trouverait jamais la paix. Lorsque je lui demandais pourquoi alors elle se faisait du mal en allant à la messe elle me répondit « c’est le seul moment où j’ai le droit de pleurer ceux que j’aime sans être seule! »….

Les vivants, et particulièrement les plus âgées ont besoin de moments particuliers pour penser aux défunts. Faire le deuil, ce n’est pas accepter l’inacceptable  c’est intégrer à sa vie l’inacceptable afin qu’il ne prenne pas toute la place.

Donner de manière ponctuelle, dans un rituel inscrit socialement, une place à la mort, est nécessaire. Avoir le droit ponctuellement de se souvenir, de pleurer, de partager  et d’honorer ceux qui nous ont précédé, est indispensable pour s’inscrire dans la vie et envisager l’avenir.

En ces jours où la solitude et la douleur des personnes que nous accompagnons peut-être particulièrement vive, prenons le temps d’aller à leur écoute; prenons le temps de l’entendre, particulièrement chez les personnes qui ne s’autorisent pas à l’exprimer de manière visible.

Prenons le temps de l’entendre dans les plaintes somatiques inhabituelles, les pertes d’appétit soudaine, les manifestations de colère contre de détails anodins, les coups de sonnettes inutiles ou les demandes étonnantes… prenons le temps d’éveiller les professionnels à cette réalité ; prenons le temps de les aider à  être attentifs à l’insondable, aux petits détails qui trahissent un chagrin dont les personnes on parfois « honte », à la délicatesse qui réconforte, à l’écoute attentive qui est  le meilleur des  pansements dont le coeur à besoin.

12 octobre 2012

travailler auprès de personnes âgées, une chance!

Posted in billet, insolite tagged à 1301 05 par yves clercq

Les professionnels qui travaillent en gérontologie peuvent être légitimement heurtés par les images péjoratives qui sont associées à leur travail.

Les animateurs perçoivent ce décalage entre les caricatures qui envahissent parfois les faits divers et la réalité de ce qui est vécu au quotidien.

Pourtant, le travail auprès de nos aînés  qu’ils soient dépendants, ou atteints « dans leurs fonctions supérieures », malgré les difficultés que nous pouvons rencontrer, est à mes yeux une des plus belle activité professionnelle  ces personnes nous apprennent la vie, à regarder au delà des apparences, à être vrai. Je considère ainsi, que la rencontre, dans le cadre de mon travail, avec la gérontologie a été non seulement enrichissante, mais une vraie chance!

Et pourtant, comment  transmettre ce qui relève du secret du coeur? comment partager la richesse d’une rencontre, la force d’un sourire, la joie partagée, les sentiments exprimée, la puissance d’un silence?

Hier soir, j’ai eu entre les mains un livre étrange en apparence, qui faisait écho à ces questions.

Son titre « je vous trouve si belle »: cela  sonne comme un titre de film, le film de l’humanité de nos institutions. Ce livre, au travers de magnifiques photos, des textes vrais pour rendre hommage aux professionnels qui travaillent dans les maisons de retraite. Ils  (ces professionnels)  « trouvent belles les personnes âgées dont ils s’occupent. Quant aux résidents de ces lieux de vie, ils trouvent très belles aussi toutes ces personnes qui les soignent… » indique la 4ème de couverture.

Ce livre  » a pour ambition de refléter ce qui se passe vraiment dans ces résidences qui ont si mauvaises réputation. Non s’occuper de personnes âgées n’est pas le métier le plus démoralisant du monde. Pas plus que cela ne relève de la vocation…. »

Un bel investissement pour nos structures; un outil qui peut se révéler être un beau support pour l’échange et le partage.

Un livre qui peut aider à redonner du sens lorsque les contraintes envahissent le quotidien, lorsque le doute s’immisce malicieusement dans les esprits.

Je vous laisse ci dessous, une présentation de ce livre trouvée sur plusieurs sites internet

A l’encontre des idées reçues, ce beau-livre sur les maisons de retraite est un reportage clair et percutant, construit autour d’interviews et de photos prises sur le vif qui sont autant d’instants drôles, émouvants, parfois difficiles.

Il présente avec un regard incisif et affectueux le quotidien du personnel de ces résidences, lieux de vie inéluctables du dernier âge, dans une société vieillissante. Non, s’occuper de personnes âgées n’est pas le métier le plus démoralisant du monde. C’est un travail qui s’apprend, de plus en plus professionnel, et qui peut s’avérer source de profondes satisfactions.

Je vous trouve si belles ! C’est ce que pensent les professionnels qui travaillent dans des maisons de retraite des personnes âgées dont ils s’occupent. Quant aux résidents de ces lieux de vie, ils trouvent très belles aussi toutes ces personnes qui les soignent, les stimulent, les aident à affronter le dernier acte de leur existence, en les regardant en face. Dans les yeux. Sans jamais détourner le regard.

Extrait : “Une femme, un bandeau léopard dans les cheveux, un grand collier de perles autour du cou, fait son entrée sur un fauteuil roulant telle une impératrice romaine. Elle a de l’allure. Et l’œil vif. « Elle est belle, n’est-ce pas », remarque Ariane, le médecin coordonnateur. « Elle est telle qu’elle était lorsqu’elle est arrivée, il y a deux ans, bien que son état se soit beaucoup détérioré. Mais cela nécessite du boulot ! Elle fait partie des résidents qui jouent avec leurs selles et en recouvrent les murs de leur chambre. Chaque matin, une équipe passe deux heures à lui redonner cette allure et cette dignité. Ses enfants ne se doutent de rien. Et nous, les professionnels, cela nous rend fiers. Nous sommes les garants de la coquetterie de cette belle femme et de l’humanité de toutes ces personnes.»”

L’auteur : Véronique Châtel est journaliste indépendante, spécialisée dans les sujets de société et les récits de vie. Elle mène enquêtes et reportages pour la presse écrite (L’Express, Esprit Femme, etc.) et l’édition. Elle a déjà publié deux livres sur les relations intergénérationnelles, dont Demain les grands-parents (éd. du Félin). Elle organise en parallèle des actions culturelles – ateliers d’écriture et restitutions publiques – avec des personnes âgées.

Informations pratiques :
« Je vous trouve si belle » de Véronique Châtel – photos de Serge Verglas
Les Carnets de l’Info
Prix conseillé : 24,90€

19 juillet 2012

réflexions d’été

Posted in billet, parole tagged à 1301 42 par yves clercq

Le retour de l’été est une période particulière pour chacun. La perspective des vacances, de rompre avec le  rythme effréné du quotidien, de prendre le temps pour voir des personnes qui nous sont chères, de retrouver des lieux et des espaces parfois chargés de souvenirs, nous  plonge malgré nous dans une atmosphère propices au retour sur soi, aux bilans ,  et parfois à la nostalgie.

Pour nos anciens,  le retour du beau temps ( ou au contraire son absence) est aussi une période qui peut favoriser l’émergence de souvenirs: on repense aux été en familles du temps où les enfants étaient plus petit, ou le conjoint était encore de ce monde, on repense à son enfance, à ses parents, au soleil, à la mer; les images défilent dans les têtes, on aimerait les partager, ce qui est parfois difficile, car l’été est une  période où la « routine » institutionnelle est bouleversée: les soignants se font remplacer, les habitudes sont donc obligatoirement bousculées, les activités passent elles aussi à l’heure d’été, les enfants et petits enfants partent en vacances et modifient leurs rythmes de visite ou, au contraire, en profitent pour visiter leurs parents. Certains partent quelques jours en voyage, d’autres sont confrontés à la réalité de leur  solitude.

Quelle que soit la situation particulière propre à chacun, nous devons être vigilant à permettre aux personnes d’échanger sur l’été, de partager leurs souvenirs et leurs ressentis, bref de se libérer de pensées ou d’images qui, si elles ne sont pas partagées peuvent devenir vite envahissantes, voire facteurs de déprime.

Parfois certains professionnels ont peur d’annoncer qu’ils vont eux-même prendre des congés « comment leur dire que je pars à la mer, alors qu’ils sont cloués ici? » Annoncer ses congés aux résidents est un aspect qu’il ne faut pas négliger: car ce n,’est pas en cachant la réalité et en voulant les surprotéger, qu’on aide les personnes à faire avec le réel.

Prendre le temps d’expliquer comment va se passer l’été, permet non seulement aux résident d’anticiper, de leur montrer le respect qu’on leur porte, mais aussi d’entendre les appréhensions et les doutes, donc d’éviter que ceux-ci se transforment en trouble du comportement ( ceux-ci dans beaucoup de cas, exprimant les maux qui ne sont pas dits en mots).

Et nous, dans nos institutions,  comment faisons-nous des vacances, une opportunité pour entendre  la parole des personnes?

 

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