27 novembre 2014

L’animation en institution : quels enjeux pour la personne âgée ?

Posted in finalités de l'animation, partage à 1402 59 par yves clercq

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L’excellent site http://www.aidonslesnotres.fr/, dédié aux aidants familiaux des personnes agées, publie ici un article de  Eric Denoyer, que nous vous proposons ci dessous.

Accompagner aujourd’hui des personnes âgées dépendantes en institution médico-sociale  relève d’une mission qui s’inscrit dans une relation d’adulte à adulte et doit nous rappeler qu’une personne âgée est avant tout une personne, singulière, quel que soit son état de santé physique ou mental.

L’animation : de quoi parle-t-on ?

 
D’un point de vue très théorique, l’animation est souvent rattachée à la notion de vie sociale, ou encore d’activités. Si l’étymologie du terme animation est « donner la vie », alors plusieurs dimensions de l’individu sont concernées et doivent donc être prises en compte.
 
  • L’animation du quotidien permet d’accompagner à vivre tous les jours afin de renforcer une image de soi parfois fragile ;
  • L’animation des habitudes de vie renforce le sens que chacun donne à sa vie, fut-elle en institution. Ces habitudes de vie et leur animation contribue à garder un cap dont la personne âgée a besoin pour maintenir des repères ;
  • L’animation récréative encourage à être, à s’exprimer et à exister pour continuer à se réaliser ;
  • L’animation émotion permet une prise en soin relationnelle pour des personnes âgées ayant de grandes difficultés communicationnelles par le biais de « l’être » (savoir-être).
Le rôle de l’animation serait donc bien de créer les conditions relationnelles et matérielles en vue de permettre à chaque personne de continuer son parcours en restant au plus proche de ses centres d’intérêts, de sa personnalité, de son histoire de vie. Nous sommes alors bien loin d’une approche seulement occupationnelle. Cette dernière prend, trop souvent encore, en considération l’intérêt de l’institution, voire de l’entité « groupe social » bénéficiaire du projet d’animation. L’individu s’efface alors au profit de l’identité groupale.
 
Combien de fois pouvons-nous entendre « Ça ne me plait pas, je ne comprends pas pourquoi on m’oblige à aller à l’animation, je n’aime pas les gens avec qui je suis… ». Ces paroles nous interpellent sur notre capacité en tant que professionnels à adapter les activités servant la dynamique d’animation et sur notre capacité à accepter le refus ou le désaccord d’une personne quant à l’intérêt – pour elle – de l’activité proposée.
 

Le droit au choix du Sujet

L’arrivée en institution peut être vécue comme un choc important dans un parcours de vie. Passer du domicile à une vie en collectivité est une étape douloureuse pour certains. Les professionnels doivent alors porter une attention très particulière à la qualité de l’accueil et au sens qu’il faut trouver pour accepter au mieux la vie en maison de retraite. Le parcours en institution doit commencer bien avant l’arrivée effective. L’animation reste un outil au service de l’accompagnement de chaque personne accueillie. A ce titre, la parole de chacun doit être recueillie et le choix de chacun respecté quant à ses envies et centres d’intérêt. L’animation fait partie d’un tout, permettant une approche globale de la personne âgée pour une prise en soin optimale. Elle s’articule autour d’autres éléments tels que le temps du repas, le temps de la toilette, le temps social…
 
S’adressant à la personne âgée en tant que Sujet, l’animation (et donc l’animateur) a pour mission de proposer les activités en fonction des paroles recueilles et de laisser le CHOIX d’y participer ou non. L’animation s’inscrit dans la logique du travail pluridisciplinaire attendu dans le cadre de la loi de janvier 2002, laquelle renvoie aux droits fondamentaux des personnes vulnérables.
 

Permettre une adaptation de la réponse (professionnelle et relationnelle) aux besoins de chacun.

Pour exister, l’animation réunit plusieurs éléments : l’animateur, le résident, le projet d’animation défini par l’institution, les moyens matériels et pédagogiques, le temps consacré…
 
Il est évident qu’en tant qu’aidant, vous pouvez demander à consulter ce projet d’animation de manière à voir comment l’institution accompagnera votre proche dans son quotidien, quelles actions sont entreprises par les équipes pour prendre soin d’une personne âgée vulnérable à vivre dans un environnement nouveau, en fonctions d’objectifs déterminés.
 
  • L’animation permet de mettre en œuvre des droits.
  • Elle est un outil essentiel au parcours de vie d’une personne âgée fragilisée par une
  • Elle n’est pas une activité ! L’activité est un moyen d’atteindre les objectifs du projet d’animation. Et s’il y a des objectifs, il doit y avoir évaluation de l’atteinte ou non des dits objectifs.
  • L’animation doit avoir comme pilier l’écoute de la personne âgée et son libre choix.
  • Elle contribue par les repères qu’elle construit à rendre le parcours en institution sécurisant.
  • L’animation ne porte pas dans son ADN la seule dimension occupationnelle ; cette approche réductrice risque de créer des conditions d’accompagnement infantilisantes ou non respectueuses du droit au choix de tout un chacun.
 
 
« Si je l’accepte (l’Autre) en devenir, alors, je fais ce que je peux pour confirmer ou réaliser ses potentialités » – Carl Rogers – Le Développement de la Personne
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12 juin 2012

animer : favoriser la transmission

Posted in activité d'animation, atelier vidéo, finalités de l'animation, vidéo tagged , à 707 36 par yves clercq

Les personnes qui regardent l’animation de loin , pourraient parfois s’imaginer(à tord) qu’ « animer  des personnes âgées  » se serait les occuper, les stimuler, les divertir.

On n’anime pas des personnes âgées. On anime des dessins, des pantins ou des images de synthèse; l’animation ne consiste pas non plus à de la « réanimation » on réanime de personnes dans le coma, ou un projet enterré depuis longtemps, mais pas des personnes vivantes.

Chacun se fait sa propre définition de l’animation, en fonction du projet de son institution, de sa formation de ses intérets.

Pour  le psychologue Sylvain Siboni  le but principal de la vieillesse c’est de transmettre son expérience au génération plus jeune. Il a mis ainsi en oeuvre au sein d’un accueil de jour, un accompagnement centré sur cette idée de transmission.

Dans cette optique, le  professionnel qui propose une activité d’animation, n’est plus là seulement pour donner, mais aussi pour recevoir.

Recevoir une parole, une expérience, un point de vue.

Les outils de l’animateur ne sont alors que des prétextes à favoriser la parole, la transmission de ce que l’on est.

A cet effet, l’atelier vidéo/parole est un outil très intéressant qui peut favoriser la parole et les échanges d’expérience.

L’objectif final de cet atelier, n’étant pas de regarder une vidéo mais de s’en servir comme support pour un moment d’écoute et de partage.

Les nouveaux outils de communication et la multiplication des chaînes de télévision locales sont à cet effet une aubaine pour l’animateur. Il est relativement facile de trouver des sujets ancrés autour des territoires d’où sont issus les résidents et de les partager.

L’émission ah mes aïeux  sur TV vendée, est un exemple d’émission qui peut tout à fait convenir à un public d’ancien.

Les 2 animateurs, une personne jeune et un ancien, nous proposent un duo très sympathique et revisitent l’histoire et les personnages de la Vendée, en patois vendéen et avec humour….  Après les 10 premières minutes (plus culturelles) la deuxième partie est un dialogue savoureux ou Claude Mercier essaye de transmettre à Adèle Fugère des notions de patois et de traditions d’un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaitre…

si cette expérience vous tente, je pourrais revenir sur plus longuement sur la méthodologie à mettre en oeuvre pour ce genre d’animation.

Vous pouvez aussi nous contacter pour nous faire part de vos expériences et questions ….…

http://tvvendee.fr/emission-ah-mes-aieux

30 mai 2012

Animateur: créer du lien.

Posted in finalités de l'animation, histoires d'animation tagged , à 1111 54 par yves clercq

Photo © Anne-Sophie Zika

Le site pélerin info propose un reportage sur une résidence dont le projet est d’accueillir personnes âgées, familles et personnes trisomiques. Dans une clinique désaffectée d’Arras (Pas-de-Calais), cette résidence unique prend peu à peu ses marques. Un seul objectif : créer une vie de village.

 L‘animatrice est présentée comme « le ciment  » de la maison, puisqu’elle a pour mission de créer du lien et d’animer le projet.

http://www.pelerin.info/Photo-video/Diaporama-sonore/A-l-ilot-Bon-Secours-Arras-seniors-familles-et-adultes-trisomiques-vivent-ensemble

Dans une clinique désaffectée d’Arras (Pas-de-Calais), une résidence unique prend peu à peu ses marques. L’îlot Bon Secours accueille seniors, familles et personnes trisomiques avec un seul objectif : créer une vie de village

De nombreux Arrageois sont nés à la clinique Bon Secours, une imposante bâtisse de briques située au cœur de la ville d’Arras (Pas-de-Calais). Depuis le printemps dernier, certains y ont élu domicile puisque la clinique, désaffectée, a été réaménagée en lieu de vie intergénérationnel.

Des personnes seules, jeunes ou âgées, des familles avec ou sans enfants mais aussi des adultes handicapés cohabitent dans ce lieu chargé d’histoire.

Une partie des logements est réservée à des foyers modestes tandis que d’autres sont destinés à des locataires disposant de revenus supérieurs à la moyenne. De quoi assurer la mixité sociale voulue par Pas-de-Calais Habitat, bailleur social et gestionnaire de l’îlot Bon Secours.

Les résidents communiquent aussi grâce à des tablettes numériques

Cette initiative expérimentale a pour objectif de lutter contre les solitudes en favorisant les relations entres les locataires des 70 logements flambants neufs.

Régulièrement, des animations permettent aux voisins de faire connaissance. Quelques mois seulement après l’inauguration des lieux, des liens se sont déjà noués. Certains résidents s’échangent des services : cours de piano, arrosage des plantes pendant les vacances ou, tout simplement, invitation à dîner.

Chaque logement est équipé d’une tablette numérique dernier cri qui permet aux locataires de communiquer entre eux. Au rez-de-chaussée, une crèche d’entreprise accueille 35 enfants et plusieurs associations investissent régulièrement les locaux de Bon Secours, participant à la vie du site.

Bientôt, un jardin suspendu trouvera sa place entre les murs de l’ancienne clinique, une occasion de plus pour se retrouver entre voisins.

21 mai 2012

les activités de loisirs et la maladie d’Alzheimer

Posted in finalités de l'animation tagged à 606 53 par yves clercq

Le blog du mythe-Alzheimer nous propose régulièrement des textes qui font le point sur des aspects méconnus ou des préjugés relatifs à la maladie d’Alzheimer. Le dernier article traite de l’importance des activités de loisirs dans la lutte contre la « démence »… ci dessous, le résumé de celui-ci que vous pouvez lire entièrement en cliquant ici:

http://mythe-alzheimer.over-blog.com/article-les-activites-de-loisirs-chez-les-personnes-presentant-une-demence-un-espace-de-resistance-contr-105458761.html

 

Résumé de la chronique

Les loisirs sont considérés comme un espace idéal permettant aux groupes marginalisés de résister aux structures de pouvoir et aux idéologies. Dans ce contexte, les loisirs fournissent aux personnes âgées un lieu de résistance à la perte de pouvoir et d’indépendance que propagent les stéréotypes sur le vieillissement et qui découlent aussi du processus de vieillissement en tant que tel. Plus spécifiquement, l’engagement dans des activités de loisirs permet aux personnes présentant une « démence » (y compris celles vivant dans une structure d’hébergement à long terme) de mettre en avant leur autonomie, leur indépendance et le maintien de certaines capacités, toutes caractéristiques pouvant leur être déniées par les autres.

Les activités de loisirs permettent ainsi aux personnes présentant une « démence » de contrer les menaces qui pèsent sur leur identité, d’affirmer les aspects de l’identité qu’elles valorisent et d’établir de nouvelles dimensions identitaires. Les loisirs constituent aussi une diversion par rapport aux événements de vie négatifs, amènent à une attitude plus optimiste concernant le futur, aident au développement personnel et contribuent au sentiment de continuité personnelle.

Il apparaît donc essentiel de favoriser l’accès des personnes âgées ayant un vieillissement cérébral/cognitif problématique et, plus généralement, de toutes les personnes âgées, à des activités de loisirs favorisant la continuité et la transformation de l’identité : la continuité en adaptant les activités pour qu’elles puissent être maintenues en dépit des difficultés cognitives, la transformation en offrant des possibilités de nouvelles activités et en suscitant de nouveaux intérêts.

Il ne s’agit donc pas uniquement de proposer des activités de divertissement mais aussi de permettre aux personnes âgées d’exercer et de manifester leurs capacités. Il importe aussi de déterminer les activités qui ont un sens pour chaque personne et, pour ce faire, il faut entendre ce que les personnes âgées ont à dire et en tenir compte.

Par ailleurs, on reconnaît actuellement l’importance qu’il y a à proposer aux personnes âgées des appuis et des activités qui soient intégrés dans leur communauté de vie. Dans cette perspective, les Arts Communautaires Engagés (ACE) ont été promus afin de soutenir l’intégration sociale des personnes âgées. Les projets ACE fournissent un environnement dans lequel des artistes professionnels collaborent avec des personnes (notamment des personnes âgées) afin de créer une œuvre ou un spectacle sur un thème qui est pertinent pour la communauté de vie des participants. L’idée est que cette œuvre ou ce spectacle soient finalement présentés dans un espace public pour que la communauté dans son ensemble puisse y avoir accès et les apprécier. Une étude a montré que les personnes âgées en risque d’isolement social et qui ont participé à ce type de projet ont étendu leurs relations au sein de la communauté, ont été reconnues et valorisées pour leur contribution et, en travaillant ensemble pour un but partagé, ont établi des liens forts avec les autres membres du groupe.

En conclusion, il apparaît que les activités de loisirs (insérées dans la communauté de vie) représentent un espace de liberté apte à procurer du plaisir, ainsi que des moments de diversion face aux tensions de la vie quotidienne. Mais elles contribuent aussi à favoriser le maintien et le développement de l’identité, l’indépendance, le sentiment de continuité personnelle et l’intégration sociale des personnes présentant un vieillissement cérébral et cognitif problématique.

Relevons enfin que mettre l’accent sur les activités de loisirs (dans leur diversité, incluant le bénévolat, les activités associatives et militantes, l’aide à autrui), c’est aussi s’affranchir d’une vision productiviste de la société, qui conduit à associer de façon privilégiée vieillissement actif, travail professionnel des personnes âgées et allongement de l’âge de la retraite.

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