19 juin 2015

intergénération…

Posted in Non classé tagged à 1301 27 par yves clercq

Une maison de retraite apparemment comme les autres… elle porte depuis plusieurs années l’ambition de lutter contre l’isolement des personnes au sein même des institutions…. elle abrite pour cela en son sein,   « un centre d’apprentissage intergénérationnel », c’est à dire une école maternelle… le projet a enthousiasmé une journaliste qui a donné 2 ans de sa vie et de se fonds personnels pour tourner un magnifique documentaire. Afin de financer la post production et la diffusion elle à fait appel à du financement participatif, en moins de 15 jours son projet à enthousiasmé la toile et récolté plus de 75000 dollars.

Une bande annonce magnifique est visible ci dessous:

Sur le site de fincanement du documentaire,  vous pouvez trouver le témoignage d’Evan briggs, dont je vous partage quelques extraits (merci google traduciton)

 » En entrant dans la plupart des maisons de retraites médicalisées , il est difficile d’ignorer le sentiment d’isolement dont souffrent les résidents qui y vivent, et encore plus de concilier cela avec le fait que la vieillesse viendra inévitablement pour nous tous.

Dans notre culture fast-paced, obsédée par la jeunesse, nous ne voulons pas être renvoyé à  notre finitude. Il est plus facile de détourner le regard.

Quand j’ai entendu parler de « la montagne » et de son Centre d’apprentissage intergénérationnel, je fus frappé par la simple perfection du concept. Je suis plus intrigué par l’idée que, avec ni passé ni futur en commun, les relations entre les enfants et les résidents existent entièrement dans le présent. Malgré la différence de leurs années, la totalité de leur sens du temps semble plus étroitement aligné.

Au cours des mois où je filmais à la montagne, je remarquai de nombreux échanges incroyables entre les résidents et les enfants. Certains étaient doux, un peu maladroit, un peu funny- tous poignants et réellement déchirants.

Une expérience en particulier a eu lieu lors d’une visite du matin entre la classe des bambins et plusieurs résidents qui étaient rassemblés pour chanter des chansons ensemble. Tout le monde venait de terminer une interprétation de « You Are My Sunshine » lorsque l’un des résidents a commencé à partager le souvenir qu’il avait de chanter cette même chanson tard dans la nuit, dans un bus plein de soldats tout en servant à l’étranger pendant la Seconde Guerre mondiale.

Si les enfants étaient trop jeunes pour comprendre ses paroles, leur présence a servi de catalyseur à son souvenir (…) Ces petits moments de calme sont souvent ceux qui contiennent le plus de sens, et, malheureusement, sont aussi ceux que la plupart d’entre nous sont trop occupés et distraits pour les remarquer.

Ceci est un film sur les très jeunes et les très vieux, oui. Mais il traite aussi de quelque chose de grand, quelque chose de plus difficile à cerner, mais si essentiel dans tous les sens. Dans les paroles de Susan Bosak, fondateur du projet Legacy, « Il est l’expérience de la vie dans une communauté solidaire multigénérationnelle, richement complexe qui, plus que toute autre chose, nous enseigne comment être humain. » Je ne pouvais pas le dire mieux moi-même.

État du projet

Present Perfect a été filmé à la maison de retraite de Mount Saint-Vincent Providence à Seattle, WA, qui abrite également le Centre d’apprentissage intergénérationnel, au cours de l’année scolaire 2012-2013. Ce projet a été un travail gigantesque de l’amour , entièrement financé sur de ma propre poche pour les deux premières années. J’ai investi dans de nouveaux appareils photo et audio (…), j’ai payé les baby-sitters pour garder mes enfants afin que je puisse filmer trois fois par semaine pendant toute l’année scolaire, et je l’ai passé des heures innombrables de demandes de subventions  à autant de personnes que possible. Tout cela, en plus de jongler avec mon travail régulier payé en tant que producteur indépendant et professeur adjoint d’un film! (…)De nombreux amis et collègues ont généreusement fait don de leur temps et leurs talents pour aider à obtenir le film à l’endroit où il est maintenant, tandis qu’une poignée d’amis et de la famille a versé des fonds me permettant d’embaucher un rédacteur en chef pour aider à mettre ensemble la remorque que vous voyez ci-dessus. Je suis tellement reconnaissants à tous ceux qui m’ont donné un coup de main en voyant ce projet descendre au sol. Nous sommes sur la bonne voie!

www.kickstarter.com/projects/1246023967/present-perfect-a-documentary-film-post-production?lang=fr

merci au site http://www.soignantenehpad.fr qui m’a fait découvrir cette magnifique vidéo… YC

Publicités

11 décembre 2014

des séjours à la mer pour les résidents d’un ehpad

Posted in Non classé à 1402 12 par yves clercq

Le site mairieconseils.net  publie un article relatant la mise en place de séjour à la mer dans un Ehpad vendéen.

Nous vous proposons ci dessous l’article.

Le centre intercommunal d’action sociale du Pays des Essarts organise depuis 2006 des vacances sur la côte Atlantique pour les résidents de son Ehpad. De quoi rompre la monotonie et changer d’air pour les personnes âgées, les familles et les soignants.

Groupe - DR

© DR

En périphérie de La Roche-sur-Yon, la communauté de communes du Pays des Essarts (7 communes, 12.500 habitants) dispose de deux résidences pour personnes âgées gérées par le CIAS sous la forme d’un seul établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Tous les ans, depuis 2006, une quinzaine de personnes âgées partent en vacances au bord de la mer, chaque résidence organisant un séjour de 4 jours et 3 nuits pour 7 à 8 personnes.

Des élus convaincus par le projet

Les deux animatrices des résidences Saint-Vincent-de-Paul et Sainte-Agathe organisent régulièrement des sorties à la journée avec un pique-nique. « Lors de ces sorties, les résidents nous disaient souvent regretter que cela passe si vite », se souvient Sonia Drouet, animatrice-coordinatrice à Saint-Vincent-de-Paul. C’est ainsi qu’est né le projet.
L’idée a séduit immédiatement le directeur du CIAS et les élus. « C’était l’occasion de créer ou recréer des liens avec les familles, et de faire participer les résidents en leur proposant de donner des idées de destinations », poursuit l’animatrice-coordinatrice. En général, les résidents ont fait le choix de lieux assez proches : à part un voyage à Lourdes, tous les séjours ont eu lieu sur la côte vendéenne, à moins de deux heures de route des établissements.

Participation des professionnels et de bénévoles

L’équipe de l’Ehpad comprend une infirmière, deux aides-soignantes et l’animatrice. L’infirmière se charge de la prise des médicaments et des soins nécessaires. Reste que l’état de santé des résidents impose l’usage de fauteuils roulants ce qui implique un accompagnateur par personne âgée pour pousser le fauteuil. Le bon déroulement du séjour s’appuie sur l’aide des proches ou parents des résidents qui viennent sur le lieu du séjour à la journée, à tour de rôle. De plus, une cuisinière bénévole, retraitée de l’Ehpad participe également au séjour.
Le programme du séjour comprend de nombreuses promenades dans les bois ou en front de mer, un repas au restaurant et un nombre restreint de visites. Le principe est de donner un vrai air de vacances à ce séjour, loin du quotidien de l’Ehpad, en prenant un peu de liberté avec les horaires. Une réunion au printemps permet de débattre du programme lors d’une rencontre entre les résidents, l’équipe et les bénévoles qui participeront à l’escapade en juin.

Tarif attractif grâce à des financements externes

Pour financer la location des chambres et du matériel (voir encadré), l’Ehpad demande une participation de 50 euros par personne pour les 4 jours et 3 nuits, et réussit à maintenir ce tarif attractif grâce à des financements externes. Pour cela, les animatrices répondent à des appels à projets de diverses fondations et font appel aux entreprises locales ou fournisseurs. Si besoin, elles sollicitent également le soutien de la communauté de communes.

Face au succès, les organisatrices entendent bien continuer l’opération !

Budget : trouver des locations à petits prix
L’animatrice réserve un centre de vacances doté de chambres de 5 ou 6 lits. Elle loue sur place les fauteuils roulants, ainsi que des lits médicalisés et des soulève-malades, lorsque c’est nécessaire. Ces locations sont prises en charge par le budget soins de l’Ehpad. En revanche, l’hébergement, la location d’un minibus, le carburant, les quelques courses sur place et le développement des photos représentent un budget de 2.400 euros pour les séjours annuels de deux Ehpad.

Cécile Perrin pour la rubrique Expériences des sites http://www.mairieconseils.net et http://www.localtis.info

23 mai 2014

Un entretien d’embauche bien particulier….

Posted in Non classé à 1402 49 par yves clercq

Non, non, l’emploi en question n’est pas soignant en gérontologie, encore moins animateur, quoique parfois…..

nous vous invitons vraiment  à regarder cette vidéo jusqu’au bout…

….et n’oubliez pas qu’en ce week-end de fête des mères, on peut faire plus que souhaiter une bonne fête à nos résidentes…cela peut être l’opportunité pour les rencontrer, échanger, discuter et surtout ECOUTER ce qu’elles ont à nous dire sur ce sujet: leurs doutes, leurs joies, leurs regrets, leurs blessures… l’occasion par la parole, de se libérer le cœur..l’occasion grâce à vos oreilles de les aider à faire la paix, la possibilité grâce à votre regard, de restaurer une image de soi vulnérabilisée… tout simplement autoriser un cœur de cheminer vers cette unité intérieure pour laquelle nous sommes tous faits.

21 mai 2014

bon anniversaire aux blouses roses

Posted in Non classé à 1212 50 par yves clercq



blouses roses

Connaissez vous les blouses roses ?

http://www.lesblousesroses.asso.fr/index/

Plus connues dans l’univers pédiatrique où elles ont œuvrées pendant des années avant de s’ouvrir à d’autres secteurs, dont la gérontologie, les blouses roses ont été popularisées entre autre par le magnifique ouvrage d’Éric-Emmanuel Schmitts Oscar et la dame Rose.

oscar

Les Blouses roses c’est avant tout un mouvement de plus de 4300 bénévoles organisé et structuré de manière quasi professionnelle afin « d’illuminer le quotidien des personnes enfants ou adultes hospitalisées, mais aussi des personnes âgées en institution.

« Enfants loin de leurs familles, personnes isolées ou dépendantes, à l’hôpital ou en maisons de retraite… nos bénévoles agissent partout où la solitude progresse. »

Les blouses roses, fêtent cette année leurs 70 ans d’actions : elles ont établis depuis des années de vrais partenariats avec les hôpitaux et institutions gérontologiques, afin que l’intervention de bénévoles au sein des structures, représente un atout pour les institution et non un poids supplémentaires.

A cet effet, les bénévoles sont formés, accompagnés, tutorés et s’engagent à intervenir de manière régulière, au service des personnes et des institutions, tout en respectant le caractère propre des institutions.

blouses 2
En fonction des besoins des institutions, elles proposent présence et écoute mais aussi animations artistiques, créatives ou ludiques.

Loin d’entraver la bonne marche de l’institution ou de faire doublon avec le projet d’animation, ces bénévoles expérimentés veillent à ne jamais s’imposer dans les services.

Pour Avelines Marques (http://www.espaceinfirmier.fr/actualites/au-jour-le-jour/articles-d-actualite/140515-du-rose-contre-le-blues-du-patient.html) « les Blouses roses ont su conquérir les soignants, devenus leurs meilleurs ambassadeurs. »

Ainsi, « On agit en complémentarité avec le personnel. Ils aimeraient bien faire ce que nous faisons mais ils n’en ont pas le temps. On est là pour ça», explique Gisèle Hazotte, présidente de l’association au site espaceinfirmier.fr . «On fait partie intégrante du plan d’animation des équipes. D’autant plus dans les maisons de retraite, où les intervenants sont moins nombreux. »

Bon Anniversaire aux Blouses Roses!

« Pour les maux du corps, il y a les blouses blanches.
Pour les maux de l’âme, il y a les Blouses Roses.
En maison de retraite ou à l’hôpital, Les Blouses Roses agissent en partenariat étroit avec les équipes des établissements pour améliorer la qualité de la vie de leurs résidents. »

blouses 3

7 janvier 2014

Posted in Non classé à 1010 44 par yves clercq

89179127

« Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse, ne le chagrine pas pendant sa vie. Même si son esprit l’abandonne, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force. Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée, et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché »

 

Cette parole  d’un sage oriental, écrite il y a plus de 2000 ans nous rappelle que la question de la vieillesse, de la perte apparente des facultés de l’esprit, et du respect des anciens n’est pas un problème nouveau.

En ce début d’année 2014 où le législateur s’interroge entre autre sur la dignité des personnes en fin de vie et la qualité d’une vie quand la lucidité de l’âme vient à faire défaut, que la parole du sage Ben sira nous aide dans notre chemin d’accompagnement, car, comme le dit la maxime « On mesure la grandeur d’une civilisation à la façon dont elle traite ses anciens. »

 

Bonne année à tous

3 juillet 2013

le grenier du blog

Posted in humour, Non classé à 1503 22 par yves clercq

La période avant les vacances est une période idéale pour trier, mettre de l’ordre, jeter, ou au contraire garder. J’ai ainsi retrouvé de vieux numéros de revues destinées  aux animateurs, des numéros datant d’une époque pas si lointaine, où l’animation était encore parfois considéré par les professionnels des maisons de retraite, comme un « truc pour amuser la galerie » qui ne nécessitait pas de compétences particulière, car « faire chanter des petits vieux » n’importe qui peut le faire!

Heureusement, le monde a tourné depuis,  et la fonction d’animation est majoritairement considérée comme un vrai travail nécessitant de  vrais compétences.

Je disais donc que la période de l’été est l’occasion de trier un certain nombre de choses. Ainsi, j’ai retrouvé quelques une de mes contributions à la revue Animagine, datant de l’époque où cette revue en étant encore à ses débuts, époque ou j’ai eu l’honneur et la chance de collaborer avec sa fondatrice Giovanna Bernard.

Je donne en pâture , aux lecteurs de ce blog, histoire de renouer le lien après un long silence, un projet de rubrique qui, je crois n’a heureusement pas vu le jour… je vous invite à proposer d’autres idées…

Le top 5 des…animations à éviter

 

–          Le concours de course en sac

–          La soirée cabaret sexy dans une maison de retraite pour religieuses âgées

–          Le concours du plus grand gobeur de Flamby

–          La soirée ciné-club dans un cantou autour de l’intégrale des films de Lelouch

–          Un bal masqué sur le thème : « les dessins animés de notre enfance »

 

21 juin 2012

pratiquer un instrument quand on ne connait pas la musique?

Posted in musique et animation, Non classé tagged à 1402 35 par yves clercq

Pratiquer un instrument d’accompagnement est un véritable atout pour l’animateur: non seulement l’instrument permet de marquer le rythme, mais il invite les résidents, il favorise un climat de convivialité.

Venir avec sa guitare est une expérience extrêmement riche, cela permet d’improviser. Sauf, bien sûr si on ne connaît pas la guitare….

Il  est vrai que les jours de fêtes de la musique on n’est pas obligé de savoir jouer pour s’exhiber…et même se faire applaudir!

Mais bon, on ne peut pas jouer à la « défaite » de la musique les 364 autres journées de l’année. D’autant plus, que l’on a beau dire que les personnes âgées « entendent haut » nos  résidents,   exigent une certaine qualité.

Et bien les temps changent, il n’est plus nécessaire d’être un pro en  musique pour mettre en place un atelier chant accompagné par un vrai instrument comme la guitare. Même si on est un animateur nul en solfège.

Un luthier Vendéen à mis au point une vraie guitare « pour les nuls », la Cantate : plus besoin de connaître le solfège et de savoir faire de la musique.

Selon son créateur « La Cantate c’est un nouvel instrument conçu pour l’accompagnement du chant.

Son jeu est simple et ne nécessite pas de connaissance musicale approfondie.
Son timbre se rapproche de celui de la guitare classique.

La Cantate utilise le principe des accords. Chaque accord est joué par quatre cordes. Leur nom est clairement identifié de la même manière qu’ils sont notés sur la partition.

Chaque accord est modulable en majeur ou en mineur

.

Pour régler la justesse de l’instrument, un accordeur électronique est intégré sur l’instrument. Une mécanique à l’extrémité de chaque corde permet de modifier la tension. »

A partir de demain, il n’y aura plus d’excuse pour faire un « boeuf » avec nos résidents… d’autant plus que les premiers hippies vont bientôt arriver dans nos établissements…

http://www.lacantate.com/

10 mai 2012

Madame Lambert

Posted in histoires d'animation, Non classé tagged à 1604 00 par yves clercq

Bonjour à tous,

pour entamer ce blog qui est encore en construction je vous propose un article publié dans la revue animagine il ya déjà presque 10 ans… si vous êtes sages la suite viendra bientôt……

Comme toute les semaines Catherine, l’animatrice de la résidence organise une sortie au centre commercial avec quelques résidents, en nombre limité (3 ou 4 maximums) afin de permettre un échange et une relation autre : cette sortie, très appréciée, par les résidents est aussi très demandée.

Cela faisait bien longtemps que Mme Lambert n’était plus sortie de la maison de retraite. Depuis combien de temps ? Elle ne le savait plus exactement, il y avait eu le décès de son mari, l’entrée en maison de retraite et cette maudite chute dont elle ne s’était toujours pas remise complètement. En ce début de mercredi après-midi, même si elle avait du mal à se l’avouer, Mme Lambert n’avait plus trop envie de changer ses habitudes et de raccourcir sa sieste pour aller au centre commercial : pourquoi avait-elle acceptée la proposition ? Elle ne le savait pas non plus, sans doute par désir de retrouver la vie comme avant, mais la vie comme avant c’était autrefois, quand elle était à la maison, dans un univers plus familier. La maison de retraite et le personnel n’étaient pas désagréables, mais ils semblaient parfois avoir du mal à comprendre qu’elle n’attendait plus grand chose de sa vie en dehors de quelques gestes de tendresses et d’affection, des nouvelles des enfants, évoquer des souvenirs et un jour rejoindre son mari, là-haut, pourquoi ne l’avait-il pas emmené avec elle ?

Au fond d’elle même, elle avait pourtant bien envie de sortir, de voir autre chose, d’autres visages que ceux des personnes âgées, mais tout ce bruit dans les magasins, la cohue, le regard des autres qu’il allait falloir affronter… Elle qui avait été si élégante, il allait falloir s’exhiber avec ce fauteuil roulant, dépendante, comme une petite vieille, et puis d’ailleurs, elle n’avait plus l’âge ! . Catherine s’était pourtant montrée bien persuasive, elle lui avait parlé des cadeaux de Noël qui feraient plaisir à ses enfants qui doivent venir la voir prochainement, du petit thé à la cafétéria, des illuminations et des sourires des enfants, et puis que l’âge c’était dans la tête que ça se passait. C’est vrai qu’elle était gentille la petite Catherine, jeune, dynamique et  toujours pleine d’idées farfelues, toujours prête à mettre de l’ambiance, à réconforter d’un sourire ou d’une parole gentille… Même si ses activités étaient parfois trop originales pour une vieille dame de 82 ans, Mme Lambert aimait bien faire plaisir à « sa » petite Catherine en participant aux animations, ça lui changeait les idées et puis, elle avait tellement l’air contente de s’occuper de vieilles personnes inintéressantes comme elle !

Cet après-midi là, Mme Lambert attendait donc, anxieuse, elle voyait l’heure défiler sur le réveil de sa table de nuit : elle avait mal dormi. Et si elle allait prendre froid en sortant ? Et puis elle s’en voulait un peu d’aller dépenser de l’argent alors que ses enfants se saignaient aux 4 veines pour lui payer sa chambre dans cette maison de retraite. Ce n’était pas sérieux : d’ailleurs sa hanche lui faisait mal ; et puis, qu’allait elle dire à Catherine à la cafétéria ? Il était facile de s’échanger des paroles dans les couloirs ou entre 2 activités, mais là,  un après-midi avec une fille que l’on connaît en fin de compte si peu ! Non la sagesse exigeait qu’il valait mieux rester à la résidence cet après-midi là, la petite comprendrait tout à fait… D’un autre coté cette opportunité elle l’attendait depuis  déjà plusieurs jours, elle avait envie de sortir de retrouver ses yeux d’enfants éblouis par les vitrines et les guirlandes, les papilles qui salivent à la vue des vitrines des chocolatiers…Décidément les choses n’étaient pas simples…

Catherine, était satisfaite : son projet d’arbre de Noël prenait une bonne tournure, le planning des animations pour les fêtes était bouclé et accepté par la direction, ce qui n’avait pas été chose facile, vu le caractère de Mr Robert le comptable qui rechigne au moindre achat de papier crépon « pourquoi donc vouloir fabriquer des guirlandes, de toute façon les petits vieux, ils n’ont pas besoin de tout ça… si j’étais le directeur je dépenserais autrement mon argent… »

Catherine avait une autre raison d’être heureuse, elle avait enfin réussi à persuader Mme Lambert de participer à la sortie course. Il lui en avait fallu du temps et de la patience pour lui faire accepter cette idée. Il faut dire que depuis sa chute, Mme Lambert avait plutôt le moral en dent de scie. Le psychologue avait beau dire que c’était une phase normale du travail de deuil, cela faisait de la peine de la voir replié sur elle-même, sans désirs, apathique.

Catherine n’osait pas se l’avouer, mais Mme Lambert lui rappelait sa grand-mère : elle aussi avait fait une chute, et avait par la suite entamée une dépression. Lorsqu’elle avait fait en l’espace d’un Week-end les 800 km qui la séparait de sa grand-mère, Catherine avait eu mal de la voir déprimée et sans désir : elle avait  pourtant bien organisé ce week-end, mamie était d’accord de sortir au restaurant et de quitter sa maison de retraite dans lequel elle restait confinée. Lorsqu’elle était arrivée, épuisée par une nuit de train peu reposante, elle n’avait pas compris l’accueil de sa grand-mère : elle s’était écroulée dans ses bras en pleurant « tu me manque tellement ma petite Catherine, tu devrais moins t’occuper de tes personnes âgées et venir plus souvent me voir » Catherine, s’était sentie complètement désorientée face au refus de sa grand-mère de sortir au restaurant :

« je ne préfère pas y aller j’ai mal à ma hanche…

– Tu m’avais pourtant dit au téléphone que tu étais contente de sortir avec moi…

– Oui mais j’ai changé d’avis, tu sais à mon âge… ; »

Catherine, était pourtant habituée aux personnes âgées, dans le train du retour elle avait ruminé les mots de sa grand-mère et cherché des explications à une attitude incompréhensible : Avant, jamais Mamie n’aurait baissé les bras pour une simple douleur à la hanche, elle n’était pas du genre à reculer devant l’obstacle, tout comme Catherine dont ses parents disaient volontiers « tu es le portrait tout craché de ta grand-mère ». La maison de retraite devait être responsable de ce changement de comportement, elle en était sûre ; il suffisait d’ailleurs d’observer, la manière dont s’y déroulaient les animations : dans cette maison animer consistait à faire du coloriage ou remuer des petits chevaux ou à se trémousser le derrière devant des résidents qui n’ont pas leur mot à dire ! ! !

Catherine pris le 2ème couloir de gauche à vive allure : cette réunion avec le directeur et le comptable avait été plus long que prévu : elle ne voulait pas faire attendre Mme Lambert qui lui avait dit qu’elle ressortirait pour l’occasion son beau chapeau ainsi que son manteau de fourrure, Catherine avait répondu en souriant qu’elle aurait l’air d’une SDF à coté de tant d’élégance…

En entrant dans la chambre qu’elle ne fut pas sa surprise de la voir allongée sur son lit, les pantoufles aux pieds…

« Mais Mme Lambert, vous n’êtes pas prête ?

–          Je suis un peu fatiguée et puis j’hésite à sortir. Vous savez, j’ai mal à ma hanche…

–          Mais, j’ai bloqué mon après-midi pour vous, j’ai refusé à 3 résidents qui s’étaient pourtant inscrit avant vous, vous ne savez pas ce que vous voulez ! ! ! Vous auriez pu au moins me prévenir… ce n’est pas gentil…que vais-je faire maintenant »

Mme Lambert s’était mise à pleurer, Catherine confuse revoyait en souvenir sa grand-mère pleurer et se sentait aussi dépassé que lors de la sa dernière visite, elle ne comprenait plus ce qui se passait. Pourquoi pleurait-elle ? Qu’avait-elle dit ?

Pour Mme Lambert le choc fut rude : elle n’avait pas dit à Catherine qu’elle ne voulait pas sortir, elle avait essayé de lui confier ce qui la tracassait… elle n’avait pas vu l’heure passer….Et voilà que Catherine qui lui faisait une leçon de morale à son âge ! Et puis lui dire qu’elle n’était pas gentille… Elle ne supportait pas qu’on lui dise qu’elle n’était pas gentille…son Père était mort alors qu’elle n’avait que 4 ans, sa mère avait du travailler très dur pour vivre et élever ses enfants : Mme Lambert avait vécu avec beaucoup d’anxiété ses séparations d’avec sa mère qui avait été obligé de la confier à sa Grand-mère par ce qu’elle était « trop instable » : lorsque sa mère la laissait, le dimanche soir, elle lui disait, « tu ne pleureras pas, tu seras gentille » Pendant des années, elle s’était forcé à ne pas pleurer, voulant rester gentille aux yeux de sa mère… Assurément, elle n’avait jamais supporté qu’on lui dise qu’elle n’était pas gentille.

Bonjour à tout les passionnés

Posted in Non classé à 1503 12 par yves clercq

ce blog est le votre. il sera l’occasion à tout les acteurs de l’animation en ehpad de réfléchir, partager, s’amuser autour d’un métier qui est souvent plus q’un métier.

%d blogueurs aiment cette page :